Misoprostol est-il un tératogène?

 

Il existe un certain nombre de rapports de cas (plus de 90 % proviennent du Brésil) et une étude animale qui suggère qu’une exposition du fœtus au misoprostol  augmente les risques de types particuliers d’anomalies des membres inférieurs, des anomalies du système nerveux central (en particulier le syndrome de Moebius), et des anomalies des membres supérieurs. Trois études de cas contrôlé (tous du Brésil) ont aussi démontré une prévalence élevée d’anomalies chez les nourrissons mis à nu au misoprostol. Cependant, le risque absolu d’anomalies fœtales après une exposition au misoprostol parait très faible. Des preuves recueillies des populations à bas des registres au Brésil démontrent que l’incidence observée de ces anomalies ne parait pas élevée, même si l’exposition au misoprostol gestationnelle parait relativement courante au travers du pays.

 

En effet, même si le risque relatif d’anomalies semble inquiétant, des études épidémiologiques démontrent que le risque absolu (c.-à-d., le nombre de cas connus) est faible. Les meilleures preuves disponibles suggèrent que le misoprostol devrait être considéré comme étant des « tératogènes miniatures (mini-tératogène) ». Un « tératogène miniature (mini-tératogène) » est définie comme un médicament qui comme résultat cause moins de 10 anomalies par 1000 naissances. Malgré le fait qu’il est difficile de définir le risque associé avec l’exposition du misoprostol in utero puisque le taux global d’anomalies est faible, les preuves scientifiques disponibles considèrent ce risque à approximativement 1 anomalie par 1000 naissances mis à nu au misoprostol in utero. Ces estimations de risques devraient être communiquées de manière claire et précise.   

 

Toutefois, il est important de bien mettre les risques en contexte. Si une femme utilise le misoprostol afin de mettre fin à une grossesse précoce, les effets possibles du tératogène sont applicables seulement pour les cas où 1) la grossesse n’a pas cesser après l’utilisation du misoprostol par une femme et 2) la femme choisie de poursuivre cette grossesse. Finalement, misoprostol est plus sécuritaire que plusieurs autres méthodes d’avortements employés par les femmes en situation légalement restrictive, et en menant une grossesse aussi à risque (particulièrement en situation à faible ressources), les effets tétragéniques possibles de l’utilisation du misoprostol devraient être lus attentivement dans un contexte plus vaste des risques de grossesse.

 

 

Référence : Philip N, Shannon C, and Winikoff B. Misoprostol and teratogenicity: Reviewing the evidence–Report of a meeting. Robert H. Ebert Program on Critical Issues in Reproductive Health Publication Series. New York: Population Council, 2003.

 

 

 

 

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 L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE PAR MÉDICAMENTS 

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